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(par
Abdelkrim EL MOUSS) Rabat, 19/03/02-
Au Maroc, plus que partout ailleurs, le mariage est perçu,
sur le double plan social et religieux, comme un acte d'une grande
importance, préparé minutieusement comme un évènement
familial d'envergure, célébré joyeusement comme
une grande fête, à laquelle s'associent outre les familles
des deux époux ainsi unis, au destin scellé, leurs
proches, leurs amis et leurs voisins.
Valable pour les villes et les grands villages, cette perception
ne l'est pas tout a fait quand il s'agit de la campagne, ou cette
fête prend une toute autre allure, puisqu'elle mobilise de
manière spontanée, un douar tout entier, plusieurs
jours durant, dans un élan de solidarité qui donne
toute la mesure de l'esprit communautaire toujours plus vivace en
zone rurale qu'en milieu urbain, en raison de la nature même
de la vie dans la campagne.
Si donc la fête est globalement la même
dans l'ensemble du royaume, les rites de sa célébration
varient d'une région à l'autre, au regard des traditions
locales, le but étant, selon les cas, d'insister, de conforter
ou de conférer encore plus d'éclat à tel ou
tel aspect de la fête.
Fondamentalement, le canevas est le même au nord du Maroc
comme à son extrême sud, à l'est comme à
l'ouest. C'est la broderie qui y figure qui offre à l'observateur,
la touche de chaque région, et son cachet propre. Tout se
passe en effet, comme si chaque région du pays, tient à
exhiber fièrement son apport particulier, à mettre
en valeur le talent et le doigté de ses hommes et de ses
femmes, à faire valoir le soin par lequel ils entourent cette
grande cérémonie, ainsi que le respect quasi-religieux
des règles régissant son déroulement.
Chaque région souhaite, par son ancrage local,
frapper de son sceau, cette broderie nationale, qui se trouve être
en fin de compte, une œuvre commune, rassemblant autour d'elle
et dans l'union, l'ensemble du peuple marocain. Chaque région
s'ingénie à faire briller de mille feux, ses signaux
distinctifs mais très indicatifs de la diversité de
notre culture dans la cohésion, de nos contrastes dans l'harmonie,
de notre pluralité dans l'unicité, et de notre particularisme
dans la globalité.
C'est
dans cette large panoplie de repères fort bien établis,
de coutumes ancestrales, de valeurs et de convictions, que le Maroc
puise les éléments qui font la richesse de son patrimoine
identitaire, culturel et civilisationnel.
Les
cérémonies de mariage au Maroc, font ressortir, au
delà de l'allégresse et de la jubilation qui les accompagnent,
les divers aspects de ce patrimoine aux dimensions multiples.
Les étapes de ces cérémonies, qui allient authenticité,
traditions et modernité, sont en fait les mêmes partout
au Maroc. C'est au niveau de leur organisation et de leur déroulement
qu'apparaissent des approches et des conceptions différentes
selon les régions
Le
mariage dans notre pays commence par la ''Khoutba'', démarche
par laquelle la famille du marié demande la main de la mariée
une fois ciblée et agréée. S'en suit la conclusion
de l'acte de mariage donnant ainsi le point de départ aux
cérémonies proprement dites de la célébration
de l'union. Vient ensuite le tour du cérémonial du
''bain'' pour ''purifier'' le corps de la mariée, œuvre
à laquelle s'adonnent à cœur joie, de jeunes
filles proches et amies de la mariée qui se trouve soudainement
l'objet d'une attention particulière de l'ensemble de son
entourage.
Le lendemain, c'est le jour du ''henné'', acte parmi tant
d'autres tendant à embellir la mariée qui se prête
de bonne grâce à des mains expertes ''les NEKACHATES'',
lesquelles, avec une dextérité avérée,
portent sur les mains et les pieds de la future épouse, des
motifs attrayants d'une singulière complexité.
Chants et danses inaugurent, accompagnent et clôturent naturellement
ce travail d'embellissement qui s'étale sur toute une journée.
Les
''NEKACHATES'' seront relayées par la suite par les ''NEGAFATES''
qui prennent jalousement en charge l'heureuse élue tout au
long du jour ''J''. Ces femmes (en général deux à
trois), très pointilleuses sur les tous petits détails,
veillent à l'habillement de la mariée, à son
maquillage, à sa coiffure et même à sa démarche.
La famille du marié, occupée par ses propres préparations
tout en suivant de loin, celles de l'autre famille, se manifeste
à son tour en apportant à la mariée, dans une
procession musicale, riche en couleurs, des présents offerts
par son époux. C'est la cérémonie de ''la hdia'',
moment fort de la célébration de l'union.
le peuple marocain est acquis à la modernité, il n'a
pas pour autant renié la moindre de ses traditions. Tout
au plus il les a adaptées à son mode de vie et aux
contraintes qui en découlent.
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